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St Michel

ST MICHEL

Saint Michel de Fronsac : un peu d’histoire

Préhistoire

Dès la préhistoire, on a des traces humaines dans notre canton à Saint Germain de la Rivière à l’abri sous roche de «Pille-Bourse » où l’on retrouve les ossements de la « Dame de Saint Germain » une jeune magdalénienne de 18 000 ans. Les magdaléniens étaient des nomades chasseurs cueilleurs qui parcouraient nos plaines et coteaux et s’y fixaient temporairement.

Antiquité

Vers 3 000 ans avant JC, des peuples agriculteurs/pasteurs sont arrivés du Moyen Orient. Ils se sont sédentarisés, tout en se mêlant aux populations indigènes. C’est eux que les envahisseurs celtes (nos ancêtres les gaulois) ont trouvé en arrivant dans nos contrées vers 600 avant JC. Ils ont laissé peu de traces car ils construisaient beaucoup avec du bois et du torchis.

Mais l’invasion qui va durablement marquer l’Aquitaine (en latin : le pays de l’eau) et notre village, c’est celle des Romains de Jules César à partir de 58 avant JC car ils vont amener la culture de la vigne. En cette époque lointaine, on ne plantait la vigne que sur les coteaux et notre commune en est particulièrement dotée. L’invasion romaine sera suivie d’une longue période de calme et de prospérité due à la « Pax Romana » et à un mélange pacifique des cultures gauloises et romaines. Une des 5 voies romaines partant de Burdigala (Bordeaux) et reliant l’actuelle Bourges, après avoir franchi la Garonne par un bac qui va durer près de 2 000 ans, traversait notre village de part en part.

Moyen Âge

A la chute de l’Empire romain au milieu du Vème siècle, va suivre une longue période très troublée qui est communément appelée celle des « invasions barbares ». Vont défiler dans nos contrées des « vandales », des « Alains », des « Sèves », des « Wisigoths », des « francs » qui vont donner leur nom à notre pays. Et encore plus tard, des vikings (les Normands) et les Sarrazins (les Arabo-musulmans) qui vont dévaster, brigander, piller campagnes et bourgades.

Un autre évènement important va marquer notre région, en effet en 1137 la duchesse Aliénor d’Aquitaine va épouser le prince anglais Henri Plantagenêt et l’Aquitaine devenir anglaise. Riche période pour le commerce des vins qui étaient notamment expédiés, pour ceux de la rive droite, du port de Libourne (fondée par Roger Leybourne pour le roi d’Angleterre entre 1268 et 1270, et ville franche donc dépourvue de taxes) vers la blanche Albion. On comprend mieux pourquoi les Girondins n’ont pas vu d’un très bon œil la reconquête de leur territoire par le roi de France. Celle-ci s’est terminée à côté de chez nous à Castillon la Bataille en 1453, et a ruiné en partie le commerce avec l’Angleterre.

 

Temps modernes

Les plus anciennes traces de notre commune remontent au XIIIème siècle, elle s’appelle pour lors « Sanctus Mikael de Riperia ». Elle a pris le nom de l’église dédiée à l’Archange Mikael (Michel), qui combat le dragon (figure du démon) et dont le nom signifie « Qui est comme Dieu ? ... »

Au XVIIème siècle, le village s’appelle « Saint Michel la Rivière », on utilisait aussi « Saint Michel de Fronsac », nom qui devint officiel en 1893.

Époque contemporaine

Jusqu’au milieu du XIX -ème siècle, comme vu précédemment, la route : Bordeaux / Libourne/ Périgueux traversait Saint Michel ce qui en faisait un important lieu de passage, notamment pour les pèlerins de Saint Jacques qui venaient de l’ouest de la France. C’est pour cela qu’un hospice où l’on accueillait et soignait les pèlerins fut construit à Lariveau non loin de la voie qui partait du port de Perpignan, montait sur le coteau à partir de Naudin jusqu’à Mausse, puis se dirigeait vers Mazeris avant de remonter sur le coteau en direction de Vincent et de Saillans.

Il y avait à Saint Michel pour les pèlerins une attention particulière : une veyrine ou fenestre. C’était une fenêtre en pierre qui servait de piédestal à la statue de Saint Michel. On faisait passer la tête, voire le corps entier des enfants dans l’espace ouvert, cela était sensé les protéger des maladies, et s’ils étaient malades de les guérir. La veyrine sera supprimée au XVIIIème siècle, mais le culte de guérison va perdurer jusqu’en 1816 où il sera carrément interdit par les autorités ecclésiastiques. Il va ensuite s’éteindre progressivement.

Le maréchal De Richelieu bâtit sur le tertre de Fronsac une « folie » où il organisait des fêtes galantes, en dégustant notamment les vins locaux, qui eurent des échos jusqu’à Versailles. Ainsi au XVIIIème siècle, les vins de Fronsac et Canon fronsac (appellation majoritaire sur St Michel) avaient une très forte réputation dans tout le royaume. C’est ici que la notion de « cru » apparait pour la première fois dans le libournais. Heureux XVIIIème siècle qui est aussi celui de l’exploitation de carrières de pierres en extrayant les calcaires à astéries qui modèlent nos coteaux et donnent une belle pierre blonde, celle de Bordeaux et Libourne. Les coteaux de Canon et de Francarney vont se percer de multiples galeries dont certaines ensuite vont longtemps servir de champignonnières, notamment à Truite.

Dépendant du duché de Fronsac, Saint Michel va à son corps défendant subir les conséquences de la Fronde, le Duc de Condé, un des principaux opposant au roi, étant duc de Fronsac. Pendant la Révolution française, la commune dut envoyer 5 hommes tirés au sort parmi les 180 valides pour rejoindre les armées révolutionnaires. Elle élit son premier Maire, Thomas Seurin, en 1790. Le sieur Serres curé refusa de prêter serment à la constitution civile du clergé.

Saint Michel comme tout le vignoble français va subir une catastrophe à la fin du XIXème siècle avec l’invasion du phylloxéra. C’est une variété de pucerons en provenance des Etats Unis qui se fixent sur les racines de la vigne et fait mourir les ceps en 3 ans. La seule solution a été de greffer nos cépages européens sur des porte greffes américains résistants au phylloxéra. Les vins de Fronsac et Canon Fronsac fauchés en pleine gloire vont payer très cher cette catastrophe naturelle. Ils vont avoir beaucoup de mal à se relever, et on peut considérer quand on voit encore l’écart de renommée avec leurs voisins de St Emilion et Pomerol qu’ils n’ont toujours pas regagner leur rang des XVIII et XIXème siècles.

 De 1913 à 1949 Saint Michel va avoir une gare des « Tramways électriques du libournais » sur la ligne qui relie Libourne à Saint André de Cubzac, principal axe de circulation qui désormais traverse le bourg. Aujourd’hui, la départementale y fait comme une saignée qui sépare les coteaux du palus. En effet, notre commune a deux visages : des coteaux en AOC Canon Fronsac et l’ancien vaste lit de la Dordogne qui a laissé place à une zone marécageuse appelée localement « palus ». Ce palus insalubre et difficilement cultivable a été assaini au XVIIème siècle en creusant un système complexe de fossés et de canaux plus larges, les « esteys ». Ce système existe toujours aujourd’hui et doit être régulièrement entretenu. C’est seulement la construction d’une digue vers 1980, et l’installation d’écluses qui laissent s’écouler l’eau qui vient des coteaux et bloquent celle qui vient du fleuve, que le palus est vraiment protégé des inondations, permettant ainsi les cultures de la vigne et du maïs.

Les 3 guerres entre la France et l’Allemagne, 1870, 14/18 et 39/45 vont venir troubler la vie paisible et largement paysanne de notre commune (on comptait tout de même encore de nombreux pêcheurs sur la Dordogne), mais c’est la guerre de 14/18 qui sera la plus meurtrière. On peut voir sur le monument aux morts, les 11 noms des morts pour la France lors de cette première guerre mondiale. La seconde guerre mondiale bien que plus destructrice au niveau international l’a été nettement moins pour les français, seuls 4 noms figurent sur le monument aux morts.

Dans la deuxième moitié du XXème siècle, avec les innovations technologiques (machine à laver, tracteur, voiture, poste radio puis de télévision…) la vie quotidienne va beaucoup changer. D’une société rurale, la commune va devenir progressivement plus rurbaine comme on dit aujourd’hui, la plus grande partie de la population travaillant hors de celle-ci. Le mode de   vie des campagnes va se rapprocher de celui des villes. La dernière révolution du numérique continue de modifier en profondeur nos manières de vivre, de travailler et de nous rencontrer les uns(e)s, les autres, et nous ouvre à un monde virtuel inimaginable il y encore quelques années. Pour le meilleur ? Le pire ? Un peu des deux sans doute. L’avenir nous le dira en tout cas.

Une autre problématique est déjà importante et le sera de plus en plus, c’est la question écologique. La pollution endommage grandement notre planète, nous consommons plus que son renouvellement naturel, la biodiversité est mise en péril et un réchauffement climatique plus ou moins incontrôlable va rendre de plus en plus difficile la vie sur terre pour nous les humains. Finalement, sauf sursaut de conscience et de sagesse l’humanité va elle-même créer les conditions de sa propre disparition de cette si jolie et fragile planète bleue, en entrainant avec elle de nombreuses autres espèces.

Mais le pire n’est jamais certain. A chacun(e) d’assumer ses responsabilités, fussent-elles minimes, comme dans la légende amérindienne du colibri qui essayait goutte à goutte d’éteindre un vaste incendie. Les autres animaux se moquaient de lui en lui disant « Tu crois que c’est avec ces quelques gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ». Alors, suspendant un instant sa tâche, il répondit « Je sais bien que je n’y arriverai pas tout seul mais je fais ma part. » Et mine de rien, il entraina les autres animaux qui tous l’imitèrent pour combattre l’incendie. La légende ne dit pas s’ils y sont arrivés, mais une union salutaire entre eux s’était instaurée.